Page:Michelet - OC, Les Femmes de la Révolution, Les Soldats de la Révolution.djvu/409

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VI

La mort

« Que la mort est amère » me disaient des vieillards. « Qui nous consolera de la mort du général Hoche ? Elle nous parut celle de la République elle-même. »

Il meurt à vingt-neuf ans ; tué par le chagrin ? empoisonné ? on ne sait. A l’autopsie, son estomac et ses intestins présentèrent de larges taches noires. Depuis son dernier voyage à Paris, ce jeune homme si robuste était consumé d’un feu qu’il ne pouvait éteindre. « Suis-je donc vêtu, disait-il, de la robe de Nessus ? »

Il expira dans les bras de sa jeune femme, le 19 septembre 1797.

Hoche trouva, lui aussi, la mort amère, parce qu’au moment où elle le prenait, il sentait qu’il serait peut-être utile contre Bonaparte. Il commençait à juger cette gloire nouvelle, cet astre inquiétant