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LES GUETTES DE DÉLIVRANCE


IV


Souvent l’hôte devenait un ami. Beaucoup des nôtres s’affligèrent de quitter l’Allemagne. Mais combien plus ils souffrirent de quitter le corps, le régiment, lors du barbare démembrement que fit Napoléon, en 1808, de la Grande-Armée de 1805 !

Cette cruelle dispersion rompit tout à coup les vieilles habitudes, et tant de souvenirs ! L’ambition occupe l’esprit des généraux ; mais le soldat, lui, sans autre perspective que la vie de chaque jour, n’a nul autre lien qu’avec ses camarades. Si ce n’était plus alors la famille de citoyens des premiers jours, c’était toujours du moins la famille militaire.

Hoche, Ney et d’autres encore tenaient fort à ce système[1] ; mais non pas Bonaparte, élevé aux écoles

  1. Hoche ne mélange pas les corps. Il réunit les hommes qui ont mêmes affections. « Il ne faut pas séparer, disaît-il, le général Richepanse, connu des chasseurs à cheval, du général Lefebvre, qui l’estime et l’honore ; ni le général Klein, connu des dragons, de Championnet dont il fut l’ami. » (Mémoires de Ney, t. 1, p. 263.)