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MAMELI

III


On sait la joie de l’Italie, et la profonde respiration qu’elle tira de sa poitrine quand Dieu ôta de Rome la lourde pierre qu’elle avait sur le cœur, le pesant Grégoire XVI. Un autre arrive, doux et bénin, Pie IX, plein de bonnes paroles. On dut pourtant s’en défier, quand il n’accorda l’amnistie qu’à ceux qui désavouaient leurs principes et se déshonoraient. Comment s’y trompa-t-on ? Quel que pût être l’homme, n’était-il pas, comme pape, le gardien de l’autorité en ce monde, l’ennemi de la liberté, et, comme souverain, l’ennemi de la liberté italienne, dans laquelle il eût disparu ?

L’unité ! Cette pensée de salut, proclamée par la voix de l’homme qui a été vingt ans la conscience de l’Italie, l’unité qu’en 1830 on appelait un rêve, en 1847 apparut comme un dogme. L’apôtre de ce dogme, Mazzini, se trouva, en puissance, le chef de la révolution qui se faisait. Cette influence balança,