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XII

THÉROIGNE DE MÉRICOURT (89-93)


Il existe un fort bon portrait gravé de la belle, vaillante, infortunée Liégeoise, qui, au 5 octobre, eut la grande initiative de gagner le régiment de Flandre, de briser l’appui de la royauté, qui, au 10 août, parmi les premiers combattants, entra au château l’épée à la main, et reçut une couronne de la main des vainqueurs. — Malheureusement, ce portrait, dessiné à la Salpêtrière, quand elle fut devenue folle, rappelle bien faiblement l’héroïque beauté qui ravit le cœur de nos pères et leur fit voir dans une femme l’image même de la Liberté.

La tête ronde et forte (vrai type liégeois), l’œil noir, un peu gros, un peu dur, n’a pas perdu sa flamme. La passion y reste encore, et la trace du violent amour dont cette fille vécut et mourut, amour d’un homme ? non (quoique la chose semble étrange à dire pour une telle vie), l’amour de l’idée, l’amour de la Liberté et de la Révolution.