Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/10

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viennent à se connaître eux-mêmes. Il est glorieux pour la France de posséder une telle puissance d’attraction, c’est une preuve du progrès où elle est parvenue ; car cette attraction. est toujours en raison directe de la force du mouvement intérieur de la masse de chaleur spirituelle et de lumière, qui la produit. La supériorité de la France, comme fille aînée de l’Église, comme dépositaire de toutes les inspirations de la science et de l’art, est à la fois si évidente et d’un si noble caractère, que les autres peuples ne se sont pas sentis humiliés de reconnaître sa prééminence sous ce rapport.

Le désir de se rapprocher du reste de l’Europe, de former des liens étroits avec, les nations de l’Occident, n’est nulle part aussi vif, aussi général que chez les peuples slaves.

Parmi ces peuples, les uns ont obéi au droit des capitulaires, d’autres suivent encore aujourd’hui le Code Napoléon ; tous, ils ont reçu de l’Europe la religion, l’organisation militaire, les arts et les métiers, et ont réagi matériellement sur l’Occident. Cependant, ils sont encore aujourd’hui presque inconnus sous le rapport moral et intellectuel. L’esprit européen semble les tenir au seuil et les écarter de la communion chrétienne. N’ont-ils donc aucun élément de civilisation qui leur soit propre ? N’ont-ils donc rien rapporté au trésor commun des richesses intellectuelles, des biens moraux de la chrétienté ? Le doute, à cet égard, serait pour les Slaves une grande injustice.

Afin de prouver le droit qu’ils ont d’appartenir à