Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/126

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ces contrées mystérieuses dont ils ont eux-mêmes oublié la situation. Poussés par les hordes barbares qui les suivaient, et appelés par Arnolphe, ils renversèrent, après une longue lutte, l’empire des Moraves, puis, débordant sur l’Allemagne, ils envahissaient la France et l’Italie. Cependant, arrêtés par les empereurs allemands, et plus tard, convertis au christianisme, ils se fixèrent dans les limites actuelles de la Hongrie.

La horde des Hongrois se composait de trois tribus ; c’était une masse de Finnois du Nord, conduite par de la cavalerie turque, et obéissant à une autorité d’origine aze ou caucasienne. La tradition des Hongrois parle d’Attila comme de l’aîeul de leurs souverains. Les étrangers leur donnaient le nom de Huns, de Turcs, ils s’appelaient eux-mêmes Magiares, du nom d’un territoire qui avoisine les pays d’où sont sortis les Turcs. Ces particularités sont très importantes pour expliquer l’histoire des Hongrois et des autres peuples venus de l’Asie, dont l’origine est si difficile à démêler. Si les Magiares n’avaient été qu’une poignée d’étrangers, ils se seraient bientôt confondus avec les Slaves ; mais, séparés de la nation conquise par une couche finnoise et une couche turque, ils lui sont restés superposés, et leur langue a toujours flotté à la surface du sol slave, sans pouvoir jamais y prendre racine. Mêlés aux Finnois, ils acceptèrent leur idiome et s’isolèrent complètement des Slaves. Après leur conversion au christianisme, ils trouvèrent, dans leur langue même, une barrière · insurmontable pour former de plus étroites liaisons