Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/133

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dans nos fertiles contrées à la tète des escadrons des Czechs après avoir franchi les trois fleuves ! — »

Nous avons ici la preuve incontestable de la venue des Czechs après avoir franchi les trois fleuves. Pour les uns, ces trois fleuves sont : la Vistule, l’Oder et l’Elbe ; pour les autres, le Gran, le Wag et la Morawa. Je continue à citer :

« Une hirondelle familière se hâte d’accourir des bords de l’Otawa aux rives serpentantes ; elle s’assied sur la fenêtre spacieuse dans la demeure de Libussa, dans le nid doré de ses pères, dans la sainte acropole de Wyszehrad. Le pauvre oiseau est soucieux ; il gémit douloureusement. Dès qu’une hirondelle sa sœur l’a entendue, sa sœur qui habite la cour de Libussa, va conjurer la souveraine de sortir de son château, de s’asseoir sous le péristyle du palais, de faire comparaître les deux frères devant son tribunal et de les juger d’après la loi. »

L’arrivée de l’hirondelle qui vient des bords de l’otawa à l’acropole de Wyszehrad, et qui annonce à l’hirondelle, sa sœur, habitante du château de Libussa, la querelle des deux frères, n’est point, comme on pourrait le croire, une métaphore purement poétique, une figure symbolisant quelque ambassade : dans les anciens chants et contes du peuple slave les oiseaux et les animaux adressent souvent la parole aux hommes comme à des frères. La souveraine fait venir les anciens, les chefs, les guerriers et les deux frères. Remarquons, en passant, que le mot de guerrier, dans le texte, est remplacé par le mot Lech ; il est évident que les Lechs formaient une