Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/132

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Sous le rapport historique, les observations qu’on en peut tirer sont beaucoup plus importantes. Ce manuscrit confirme nos hypothèses relativement à l’arrivée des Lechs et des Czechs. Ce qui prouve l’authenticité du poëme, c’est que les savants qui l’ont découvert croyaient sincèrement que les Czechs et les Lechs étaient slaves et les faisaient venir des bords du Danube. Le système héréditaire, la communauté de propriété, les droits des frères entre eux, droits en vigueur chez les Slaves, s’y trouvent parfaitement exposés. Le poëte s’exprime ainsi :

« — O fleuve de Wlétawa, pourquoi troubles-tu ainsi tes ondes ? Pourquoi tes ondes argentées coulent-elles ainsi troublées ? Est-ce le vent d’orage qui t’a bouleversé et a mélé l’écume de tes vagues comme une blanche toison au loin dispersée ? Est-ce le vent qui secoue les nuages et les fait tomber en gouttes du vaste ciel ? D’où vient que le sable des vastes têtes des collines est enlevée ? Qu’est-ce qui soulève dans ton lit l’argile incrustée d’or ?

» — Comment ne serai-je point troublé dans mes ondes, quand deux enfants nés de la même mère se querellent ! Quand deux frères ne peuvent s’accorder sur l’héritage de leur père commun et se combattent avec acharnement ! L’un est le terrible Chrudosz, maître de l’Otawa aux rives serpentantes, au cours fortuné et roulant l’or ; l’autre, est le vaillant Stoglow, seigneur de Radbuza la fraîche, et tous deux sont frères, tous deux sont Klénovvicz de la vieille race de Popiel qui arriva jadis