Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/181

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et l’Oder, après le passage des tribus germaniques des Goths, des Vandales, des Burgundes, des Scyres, des Hérules, des Turcylingues, les peuplades slaves, n’ayant plus d’étrangers parmi elles, parvinrent à l’indépendance. Les hordes militaires des Germains · n’essayèrent jamais de s’établir à demeure dans ce pays, à l’exception toutefois des Saxons, qui, seuls fixés au sol et adonnés à l’agriculture, devinrent pour les Slaves des ennemis terribles.

Ainsi, le pays des Slaves indépendants, dont nous parlerons aujourd’hui, était compris entre l’embouchure de l’Elbe, l’Oder qui les séparait de la Pologne, et les montagnes de la Bohème. C’est une contrée très vaste qui renferme une partie de la Saxe, l’ancien margraviat de Brandebourg, les duchés de Mecklembourg, le territoire des villes libres de Hambourg et de Lubeck, et plusieurs petites principautés allemandes. Dans cette contrée, les diverses populations slaves étaient connues sous les noms de Lutyks, Wélètes, Wilces, Bodryces ou Obotrites, Milces, Serbes, Lusaciens, etc. Leur véritable nom était celui de Weliki, c’est-à-dire Grands, ou Wilki, Terribles. Ces peuplades avaient en outre des noms de guerre sous lesquels on les connaissait au moyen âge. On les divisait en plusieurs tribus : les Bodryces, ou Obotrites, demeuraient dans le Mecklembourg ; les Lusaciens dans la Lusace actuelle et une partie de la Saxe, etc.

Chacune de ces tribus se partageait en petites subdivisions qu’il est impossible aujourd’hui d’énumérer. La plupart prenaient des noms d’oiseaux de