Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/44

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montait vers le Nord et qu’elle réagissait contre la barbarie ; mais ni les rois de Macédoine, ni les empereurs romains ne parvinrent à arrêter le flot des peuples qui prenaient toujours ce chemin pour se diriger vers le midi de l’Europe. Leur influence au-delà du Danube était nulle. Il était réservé au christianisme seul de franchir cette barrière et de conquérir ces peuples, sur lesquels la civilisation antique n’avait aucune prise. Le christianisme, en prenant pour point d’appui ce territoire, en agissant d’un côté vers le Danube et le Don, de l’autre vers la Vistule, est parvenu peu à peu à vaincre, à organiser toute cette immense population.

C’est donc ici qu’est le berceau du Slave moderne et que commence son histoire ; c’est même ici qu’un dialecte slave a été pour la première fois élevé à la dignité de langue ; c’est ici qu’on a commencé a écrire ce dialecte, qu’on en a créé les lettres, ou, au moins, qu’on les a appliquées à exprimer les sons slaves. Acceptée par les autres peuples, cette langue est devenue le dialecte sacré, celui de l’Écriture sainte et de la Liturgie.

Cependant, ces pays qui semblaient destinés à devenir le centre de la civilisation et de la culture slaves, se sont laissé devancer par les autres contrées ; ils sont même retombés plus profondément dans la barbarie. Diverses causes, diverses circonstances y entravèrent le mouvement du progrès. Placés sur le grand chemin des peuplades qui descendaient du Nord, ils ont rencontré dans les migrations des tribus nomades de continuels obstacles à