Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/88

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leur langue ? Cette question est résolue du moment que l’on remarque la ressemblance du lituanien avec le sanskrit.

Il est des mots dans le genre de ceux que nous venons de citer qu’il est important de comprendre, ainsi que d’apprécier l’influence des idées qu’ils représentent sur la vie politique et artistique des peuples slaves. La question circonscrite en ces termes est facile à résoudre. Or ces mots n’exerçant aucune action réelle, ont, pour ainsi dire, flotté à la surface de la vie slave. Nulle idée nationale ne s’y rattache ; ce ne sont pas des symboles, encore moins des dogmes, mais seulement des métaphores poétiques sans aucune liaison directe ou intime avec le dogme social. Il en est de même de certains noms empruntés aux divinités germaniques, qu’on retrouve dans les anciennes histoires et les traditions. Le culte mythologique n’a jamais existé parmi les Slaves que sur leurs terres limitrophes. S’ils avaient des temples à Kiew et à Nowogorod, villes voisines des tribus nomades et finnoises ; à Retra et à Arkone, villes situées au milieu du territoire des Germains et des Scandinaves, il est évident que ce culte n’était là, comme ailleurs, que le fruit de l’influence extérieure, qu’une reproduction des idées des nations voisines au sein desquelles la mythologie avait acquis un très grand développement.

Au siècle dernier, on a découvert une riche collection d’antiquités slaves dans le duché de Mecklembourg ; mais les explications qu’on en a données n’éclaircissent en rien la mythologie nationale. Il paraît certain que ces antiquités ont été importées du pays