Page:Mirbeau - La Vache tachetée.djvu/56

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Croquis bretons


I

Je suis allé passer la journée chez un gentilhomme qui habite à trois kilomètres de Sainte-Anne, une maison mi-ferme, mi-château, enfouie dans un bois de chênes et de châtaigniers maintenant fleuris de leurs jolies fleurs ouatées. Sous les végétations qui rongent les murs, malgré les lézardes qui trouent, la maison ne manque pas d’agrément, ni d’élégance, encore moins d’humidité. Comme la plupart des gentilhommières bretonnes, elle a un petit air Louis XIV, plaisant à voir. Et puis, ce n’est pas un spectacle ordinaire de contempler une façade d’habitation que garnissent et tapissent les lilas terrestres aux grappes rouges, les bourraches velues et les capillaires dont le grêle feuillage dentelé dessine d’exquises et natu-