Page:Mirbeau - Les Écrivains (première série).djvu/219

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Je n’ai jamais bien compris l’émotion de M. Ernest Renan, ni l’insolite colère où ce philosophe se laissa entraîner après la lecture de quelques passages du Journal des Goncourt qui le concernent. M. Edmond de Goncourt, fort innocemment, on se le rappelle, avait prêté à M. Renan ou plutôt lui avait rendu ses opinions peu banales, en somme fort élevées, et dont il n’avait pas à rougir, quand on vit dans une autre atmosphère intellectuelle que M. Déroulède. Je ne reconnus pas là ce Renan si savoureux, tel que M. Maurice Barrès se plut à l’imaginer en cette bibliothèque de Perros-Guirec, qui n’existe peut-être pas, et dans ce salon parisien où il nous le montre dialoguant avec M. Chincholle, qu’il n’a, peut-être, jamais vu. Le seul tort de M. Edmond de Goncourt a été, je crois bien, d’attribuer une opinion