Page:Mirbeau - Lettres de ma chaumière.djvu/367

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LA TÊTE COUPÉE




Toute la journée, un vent aigre a soufflé de l’Ouest ; le ciel est resté bas et triste, et j’ai vu passer des vols de corbeaux… Maintenant il pleut… J’entends l’eau qui ruisselle des gouttières, et qui fouette les vitres de ma chambre… Les tuiles, soulevées, roulent sur le toit, tombent sur le sol détrempé ; dans la nuit, les pauvres arbres, sous l’effort du vent plus colère, gémissent et craquent… Je ne pense à rien… Un livre à demi ouvert sur mes genoux croisés, je suis assis devant la cheminée, où flambe le premier feu de la saison. Le livre glisse,