Page:Montaiglon - Recueil général et complet des fabliaux des 13e et 14e siècles, tome I.djvu/122

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FABLIAU V

Quanque tu commandas et fis ;
Que ne chastoies-tu ton fils
Qu’il ne te doute ne ne crient ?
Ne vois-tu donques qu’il retient
La moitié de la couverture ?
— Va, Diex te doinst male aventure !
Dist li pères ; baille li toute.
— Non ferai, dist l’enfes, sanz doute ;
De qoi seriiez-vous paié ?
Je vous en estui la moitié,
Que jà de moi n’en aurez plus.
Se j’en puis venir au desus,
Je vous partirai autressi
Comme vous avez lui parti.
Si comme il vous dona l’avoir,
Tout aussi le vueil-je avoir,
Que jà de moi n’enporterez
Fors que tant com vous li donrez.
Si le lessiez morir chetif.
Si ferai-je vous, se je vif. »
Li pères l’ot : parfont souspire ;
Il se repensse et se remire.
Aus paroles que l’enfes dist
Li pères grant example prist ;
Vers son père torna sa chière :
« Pères, fet-il, tornez arrière ;
C’estoit anemis et pechié
Qui me cuide avoir aguetié ;
Mès, se Dieu plest, ce ne puet estre.
Or vous faz-je seignor et mestre