Page:Montaiglon - Recueil général et complet des fabliaux des 13e et 14e siècles, tome I.djvu/121

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LA HOUCE PARTIE

« Que vous plest, sire, dist l’enfant ?
— Biaus filz, fet-il, je te commant,
Se tu trueves l’estable ouverte,
Done mon père la couverte
Qui est sus mon cheval morel.
S’il veut si en fera mantel,
Ou chapulaire, ou couvertor ;
Done li toute la meillor. »
Li enfes, qui fu de biau sens,
Li dist : « Biaus taions, venez enz. »
Li preudon s’en torne avoec lui,
Toz corouciez et plains d’anui.
L’enfes la couverture trueve ;
La meillor prist et la plus nueve,
Et la plus grant et la plus lée ;
Si l’a par le mileu doublée.
Si le parti à son coutel
Au miex qu’il pot et au plus bel ;
Son taion bailla la moitié.
« Biaus filz, fet-il, que ferai-gié ?
Por qoi le m’as-tu recopée ?
Ton père le m’avoit donée.
Or as-tu fet grant cruauté,
Que ton père avoit commandé
Que je l’éusse toute entière ;
Je m’en irai à lui arrière.
— Alez, fet-il, où vous voudrez,
Que jà par moi plus n’en aurez. »
Li preudon issi de l’estable :
« Filz, fet-il, trestout torne à fable