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ET DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

reine de Hongrie, qui l’avait transmis mot pour mot à la République[1], et de ce que les ambassadeurs vénitiens surprenaient le secret de ses lettres et en communiquaient le contenu au Sénat[2].

D’Argenson ayant été surpris d’une telle indélicatesse, le comte précisa ses griefs : quatre de ses dépêches avaient occasionné un minutieux rapport de Diedo à son gouvernement[3]. Le ministre attribua cette coïncidence à ce que lui-même avait été amené, dans une conversation avec Diedo, à traiter la question en détail[4] ; mais l’ambassadeur insista en prouvant la duplicité du chargé d’affaires de Venise qui dévoilait à la cour de Vienne nos projets sur l’Italie[5].

Ces intrigues répugnaient à la loyauté du comte de Montaigu. Soupçonnant que ceux qui l’entouraient avaient des intelligences à la cour, il s’en ouvrit à

  1. Lettre du comte de Montaigu au marquis d’Argenson, 14 août 1745.
  2. (2) Lettre du comte de Montaigu au ministre, 1er janvier 1746.
  3. Le 18 septembre 1745 le comte de Montaigu écrivait au marquis d’Argenson : « Je ne fus pas longtemps à m’apercevoir qu’un vallet de pied qu’il m’avoit donné, de la plus grande confiance pour porter mes lettres, m’en rendoit de décachetées. Après que le prétexte de la peste, qui, pendant un temps obligeoit de les ouvrir touttes, fut passé, je fis suivre ce vallet. Je découvris non seulement qu’il ouvroit les lettres, mais que c’étoit un espion, qui alloit, à de certaines heures de la nuit, chés les inquisiteurs d’État leur rendre compte de ce qui se passoit chés moy… ayant dix ducats par mois de sallaire pour cela…
  4. Lettre du ministre à l’ambassadeur, 25 janvier 1746.
  5. Lettre de l’ambassadeur au ministre, 19 février 1746.