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COMTE DE MONTAIGU ET J.-J. ROUSSEAU

pas à dire que le comte de Montaigu fut à l’abri de toute critique. Son style n’était pas celui d’un académicien ; sa négligence des questions de forme, l’excessive confiance qu’il avait dans son personnel, lui firent commettre des incorrections ou des imprudences : soldat austère plutôt que diplomate et homme de cour, peut-être ne mena-t-il pas toujours à bien, malgré l’expérience qu’il avait acquise de la République vénitienne, les affaires souvent délicates dont il assumait seul la responsabilité. Mais, au milieu de son déplorable entourage, il sut demeurer fidèle aux traditions d’honneur qu’il avaient reçues de ses ancêtres et servir son pays en parfait honnête homme. Cela n’a-t-il aucun prix ? Et Jean-Jacques, philosophe et moraliste, ne devait-il pas le confesser ? Ces notes, tout en rendant justice à l’ambassadeur, permettront de constater que Rousseau n’a pas toujours dit le « bien et le mal avec la même franchise [1] », et que, contrairement au programme, il a exagéré le mal et dissimulé le bien.


Paris, novembre 1899.
  1. Confessions, liv. ier, p. 1.

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PARIS. TYP. PLON-NOURRIT ET Cie, 8, RUE GARANCIÈRE. — 5177.