Page:Montaigu - Démêlés du Comte de Montaigu, 1904.djvu/87

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et de jean-jacques rousseau

Les vieilles traditions s’étaient d’autant mieux perpétuées dans la famille que les Boisdavid vivaient dans leur château, loin du monde et de la cour (ce n’est qu’en 1744 que la comtesse de Montaigu fut présentée à Versailles). Ils étaient restés profondément religieux : à Venise l’ambassadeur faisait régulièrement son carême ; une de ses sœurs, religieuse dans un couvent de Bressuire, lui adresse à cette occasion des reproches maternels (24 avril 1747) :

« Ma sœur, m’a mandez que vous faisiez le carême régulièrement ; je crains bien que votre santé en soit altérée. Vous aviez deux médecins à consulter, le corporel et le spirituel ; je suis persuadée que l’un et l’autre ne vous croient point engagées à faire meigre : Vous oriez pu compenser cette abstinance par d’autres bonnes œuvres, mais vous avez voulu faire le tout.

« Le Seigneur qui ne lesse rien sans récompense, saura bien vous le conter. »


Comme Son Excellence ne soupait pas, nous avions le soir les gentilshommes et moi une table particulière, où mangeaient aussi l’abbé de Binis et les pages.

Dans la plus vilaine gargotte, on est servi plus proprement, plus décemment, en linge moins sale et l’on a mieux à manger.


Voici enfin la liste des humiliations que Jean-Jac-