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ET DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

de voies de fait comme le prétend Jean-Jacques.

Sa lettre à l’abbé Alary, quoique moins bien écrite que le passage des Confessions où l’auteur se donne une fière attitude qu’il n’a jamais eue qu’en paroles, explique cependant mieux les choses. Il s’agit de deux entrevues au lieu d’une, de deux querelles successives séparées par une nouvelle insolence du secrétaire à l’égard de l’ambassadeur. Voici d’abord le récit de la première entrevue : « Je l’ay chassé (Rousseau) comme un mauvais valet, pour les insolences auxquelles il s’est porté ; je n’ay pas voulu prendre les choses d’une autre façon, quelques raisons que j’eusse de le regarder comme un espion, et ayant abusé de l’estat dans lequel je l’avois mis auprès de moy, par rapport à vous qui me l’aviez donné, et le désir que j’avois de le trouver comme il devoit être…

« Il y a environ deux mois et demi que ces insolences-là augmentant, me présentant souvent des lettres mal copiées sur mes minutes, et attendant de me les montrer à signer au moment du départ de la poste par malignité et par paresse, la patience m’échappa à la fin. Je luy signifiay que je le chasserois, en luy reprochant… les raisons que j’avois de me méfier de sa fidélité… et la nécessité où il m’avoit mis de luy donner mes chiffres pour mes dépêches,… me disant qu’il falloit qu’il fut seul pour pouvoir travailler.

« Cette première querelle n’eut pas de conclusion, mais voici l’épilogue.