Page:Montesquieu - Pensées et Fragments inédits, t2, 1901.djvu/499

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2077* (64.I, p. 63). — Les théologiens soutiennent qu’il n’y a point d’athées de sentiment. Mais peut-on juger de ce qui se passe dans le cœur de tous les hommes ? L’existence de Dieu n’est pas une vérité plus claire que celles-ci : l’homme est composé de b deux substances ; l’âme est spirituelle. Cependant, il y a des nations entières qui doutent de ces deux vérités. C’est que notre sentiment intérieur n’est pas le leur, et que l’éducation l’a détruit. Il est vrai que ce sont des vérités claires ; mais il y a des aveugles. 1o Ce sont des sentiments naturels ; mais il y a des gens qui ne sentent point.

2078 (669. I, p. 465). — Trois choses incroyables parmi les choses incroyables : le pur mécanisme des bêtes, l’obéissance passive et l’infaillibilité du Pape. 15

2079(1392. II, f° 201 vo).— L’abbé de Trianon disoit : « M. de La Rochefoucault nous dit : « L’homme > est fait comme cela. > L’abbé de Gamaches nous dit : « Il est fatalement fait comme cela. » Raimon (sic) : « Il est bien comme cela. » — J’ajoute : t M. Pope »o nous dit : « Il ne peut pas être mieux que d’être » comme cela. »

2080 (Sp., p. 33o). — La liberté est en nous une imperfection : nous sommes libres et incertains, parce que nous ne savons pas certainement ce qui iS nous est le plus convenable. Il n’en est pas de même de Dieu : comme il est souverainement parfait, il ne peut jamais agir que de la manière la plus parfaite.