Page:Montesquieu - Pensées et Fragments inédits, t2, 1901.djvu/500

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2081 (435.I, p. 386). — Dans les actions ordinaires de ma vie, lorsque j’agis, j’agis toujours par un motif qui est efficace, parce que j’agis ; qui ne m’ôte point la liberté, parce que je pouvois ne pas agir. Il 5 en est de même des œuvres qui ont besoin de la grâce. J’agis de la même manière, j’agis librement, j’agis efficacement, mais par une grâce, c’est-à-dire par un motif qui me vient de l’autre monde : car, si je n’avois eu aucune connoissance des vérités révé1o lées, je ne me serois point déterminé à faire le bien •.

2082(975. II, f° 27).—Quelqu’un a dit que Dieu ne s’attache qu’à la conservation des espèces, et point du tout des individus.

2083(57.I, p. 5g). — Quand l’immortalité de l’âme3 15 seroit une erreur, je serois très fâché de ne la pas croire. Je ne sais comment pensent les athées. (J’avoue que je ne suis point si humble que les athées.) Mais, pour moi, je ne veux point troquer (et je n’irai point troquer) l’idée de mon immortalité 20 contre celle de la béatitude d’un jour. Je suis très charmé de me croire immortel comme Dieu même. Indépendamment des vérités révélées, des idées métaphysiques me donnent une très forte espérance de mon bonheur éternel, à laquelle je ne vou35 drois pas renoncer.

2084 (23o. I, p. 247). — Le dogme de l’immortalité

1. Ceci est du cardinal Polignac.

2. J’ai mis cela dans mes Pensées morales.