Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/105

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faits ! Elle était debout. Je l’admirais, grande, fine, délicate, élancée, ses deux bras tombant si naturellement le long de son corps, aux mouvements si simples, si libres et si aisés. Elle n’était pas une créature épanouie, pareille à un beau fruit mûr, velouté et savoureux, sensuel et voluptueux. C’était une jeune fille, pleine encore des grâces de l’enfant, déjà femme cependant, et sous sa fragile apparence, robuste, nourrie par la mer, fortifiée par le sel de l’air, ayant poussé dans la nature et, comme une liane, flexible et résistante.

Elle était assise. Je l’admirais. Elle était assise, la tête un peu penchée, s’inclinant comme une rose trop lourde, le buste long et d’une ligne pure, avec ses deux seins mignons de vierge que je devinais sous la blanche étoffe. Chastement, je la déshabillais : une adorable nymphe de Jean Goujon naissait. Je regardais ses attaches fines, ses mains petites, ses petits pieds. La race était inscrite partout