Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/118

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À toutes mes questions, elle répondait : non, de la tête, l’air triste et boudeur. Qu’avait-elle ? Était-elle malade ? — Non. — Avait-elle éprouvé une contrariété, un chagrin ? — Non. — Redoutait-elle quelque chose, ou ne lui plaisait-il plus de me voir ? — Non, non !

Elle avait une mine singulière. On eût dit qu’elle n’osait plus me regarder. Elle détournait ses yeux des miens. Que signifiait cela ? Serait-elle capricieuse ? Aurais-je cessé de l’intéresser, ou bien, hier, avais-je dit un mot qui l’avait fâchée, qu’elle avait mal interprété ? Je ne savais que penser.

Elle s’obstinait à ne pas répondre. Elle ne me regardait pas. Penchée sur sa chèvre, elle lui tirait machinalement la barbe.

Le temps était radieux. Mais je ne le remarquais pas : je ne voyais plus le ciel pur, ni la mer. Pour moi tout s’était couvert d’un voile noir, je souffrais.