Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/125

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tout ce qu’elle disait, tout ce qu’elle pensait me semblait délicieux, me ravissait, et à la fin, elle m’avait tout dit.

Elle n’avait jamais eu beaucoup de crainte. Elle redoutait à peine l’avenir. D’abord elle ne s’ennuyait pas à Houat entre son père, sa mère et ses chèvres. Elle travaillait, on faisait venir des étoffes et de la toile et c’est elle qui cousait le linge et toutes les robes de la maison. Elle aimait à coudre et à broder, parce que cela ne l’empêchait pas de rêver. Elle rêvait beaucoup, elle rêvait au prince Pigeon, à Dandinardière, à Belle-Étoile, à Zélonide, et il y avait tout un univers où elle vivait, qui était complètement ignoré de ses parents, car elle ne leur en avait jamais parlé, et où elle éprouvait mille plaisirs. Tout en travaillant, au dedans d’elle, elle faisait la conversation avec Gracieuse et elle lui demandait des nouvelles de Percinet, ou bien se promenant avec la