Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/17

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Toussaint Leblanc se leva, grognant : « Les vents sont bons… à c’t’heure… » et nous marchâmes vers le port. Sur le cotre : le Stiren er Mor, l’Étoile de la Mer, il y avait un homme jeune, qui me fit un signe de tête. Je répondis de la même façon, à la muette. Puis je cherchai un coin pour ne pas gêner la manœuvre. Le bateau était propre, je m’allongeai sur le plancher contre le bordage. Les poulies grincèrent, et la voile que Toussaint et son gars hissaient ensemble monta le long du mât. Ils ne faisaient pas attention à moi. J’avais tiré un livre de mon sac, la traversée serait peut-être un peu longue : du côté où l’île devait s’élever, on ne voyait rien, jusqu’à l’horizon, que la mer. Il y avait encore deux heures de jour, on naviguerait donc surtout de nuit.

En attendant, je considérais Quiberon qui s’éloignait peu à peu, qui allait disparaître. La voile avait bien pris le vent, on avançait.