Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/196

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comme je n’avais personne pour m’aimer, mon cœur en connaissait, en aimait chaque pierre et chaque trou. Comme je n’avais personne avec qui causer, je parlais toute seule, je parlais à l’herbe, aux ajoncs, à la terre, au sable, aux gros crabes et aux petits lézards. Mon île, je l’aimais bien, mais toi, je t’adore… Mais il y a Laouen, Laouen…, dit-elle d’un air pensif, en tirant doucement la barbe de sa chèvre.

— Nous l’emmènerons, fis-je.

— Oui ! tu veux ! Oh ! que tu es bon ! Laouen, Laouen, ma chère Laouen, je ne te quitterai pas !…

Elle sauta de joie, et me regarda en riant. Sa tristesse s’était envolée. Ce cœur charmant revivait.

Puis elle s’assit à mes pieds. Elle prit ma main, la baisa et la posa sur son front qui brûlait un peu. Et elle me dit avec un mélange de bonheur et de mélancolie :