Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/221

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faisais la grimace. Ce n’était vraiment pas confortable, ici, et maintenant, avec l’arrière-saison, cela devenait assez sinistre. Mais je pensais à tout ce que j’avais vécu, à tout ce que j’avais éprouvé, à tous les sentiments qui m’avaient ému, à tous les rêves qui m’avaient visité sous ces voûtes, entre ces murs épais, et je fermais à demi les yeux, en souriant tendrement.

J’avais rejoint Anne, entre les roches, devant la mer, à l’endroit où nous nous retrouvions chaque matin, où nous nous étions tant aimés, où nous avions connu un bonheur si pur… Elle était pâle, elle était fragile. Je n’oublierai pas l’expression de ses beaux yeux levés sur moi, lorsqu’elle me vit. Je la pris dans mes bras ; elle s’abandonnait, elle se blottissait contre moi comme une enfant. Je sentais toutes les émotions par lesquelles elle passait en ces dernières heures. J’étais sa force, j’étais sa vie… Mais nous nous redres-