Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/231

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mais elle m’embrassait, et un immense bonheur rentrait dans mon cœur.

Subitement, toutes mes appréhensions s’évanouissaient. Elle était là : tout allait bien, tout réussirait, plus rien à craindre. Je la baisais longuement, ne pouvant détacher mes lèvres des siennes. J’y parvins enfin et je lui parlai. Elle avait posé sur mon bagage un petit paquet de linge qu’elle avait pu emporter et son livre de contes de fées qu’elle n’avait pas voulu laisser. Elle paraissait joyeuse. Je lui disais qu’Yvon ne tarderait certainement pas, que cette brume tombait à merveille, qu’elle nous cacherait, qu’ainsi personne ne pourrait nous voir, et que rien ne pouvait mieux convenir à notre départ.


Et, à présent que je disais cela, je le croyais. En convainquant Anne, je me convainquais moi-même. En effet, il ne s’écoula pas un bien long temps jusqu’à ce que nous