Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/41

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rouges, rouges comme le feu et comme le sang. Ils forment une crique où le sable est blanc, lisse, fin, net et sans traces, tout neuf. Peut-être n’a-t-il jamais été foulé par d’autres pieds que les miens ?… Je le contemple. Je médite… Puis, tirant mon couteau, je cueille des moules sur les rochers. Je les ouvre. Le goût amer de leur chair mouillée me régale. Enfin je m’allonge sur le sable ; couché sur le dos, les yeux au ciel, je me crois dans l’azur, j’entends la mer et les cris des oiseaux au-dessus des vagues et je sens l’âpre odeur des herbes, du varech, de la mousse et du goémon, le parfum robuste de la marée.


Quand, vers le soir, je rentrai au village, je trouvai la fille de Toussaint sur un tabouret, occupée à traire les vaches devant la maison. Elle est gaie, bien propre, coquette, comme une jeune femme depuis peu mariée. On sent qu’elle se pare pour plaire à son homme, —