Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/62

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de ceux qui se noient. Je suis haletant. Mes tempes battent. Ce vent me souffle d’horribles pensées.

Mais j’ai beaucoup marché, je m’arrête. Je me retourne. D’ici on ne voit plus le village, on ne voit plus le grand fort. Il n’y a plus rien. Rien. Quelle solitude affreuse ! Quel désert !… Mais là-bas ne serait-ce pas ce que je suis venu chercher ? Ces taches blanches, mobiles : des chèvres ? Oui… Oui certainement… Et plus loin, au-delà, le fortin sans doute : ce carré gris, caché à demi dans un creux, et entouré de rochers rouges ?… Je m’approche. C’est bien cela. Et voilà le mur dont le vieux garde parlait ; il est percé d’une porte, un écriteau y est fixé : Défense d’entrer sur cette propriété. La construction a l’air abandonné. Où sont les habitants ? Personne. Je ne vois personne. Les chèvres se sont interrompues, elles ont cessé de brouter. Elles me regardent, farouchement. Je suis