Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/64

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V


Nous sommes partis au petit jour. Quand Yvon a frappé à ma fenêtre, il faisait nuit encore. Du vent comme hier, mais très beau temps. L’aube est sans nuages.

Nous avons retrouvé le Stiren er Mor dans la crique. On l’a rejoint en barque, à la godille. Quand on a levé l’ancre, la chaîne a fait un grand bruit dans le silence. Yvon a hissé le foc. On est sorti de la baie et le vent nous a soufflé aux oreilles. Je suis debout contre le mât. Je regarde l’horizon très clair. Le ciel est nacré, strié de mauve, de longues traînées comme des algues. Puis du rose naît, et