Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


trois ou quatre noms de famille dans chaque île, tout le monde est cousin. Et personne de l’île ne s’en va sur la côte, ni personne de la côte ne s’en vient dans l’île. On naît, on vit, et on meurt à Houat ou bien à Hoedic.

Toussaint approuve, hochant la tête, et lentement il répète la phrase de sa femme, l’autre matin : « Dame, eux et nous… eux et nous, on n’a pas le même caractère… » Puis il regarde fixement l’île qui est maintenant tout près, et il donne des coups de barre pour éviter les récifs…

Je vois une terre sablonneuse, une dune à l’aspect ingrat. Nous abordons. Je marche. Yvon est resté à bord avec Mousse. Il va laver le pont pour s’occuper. Le père Leblanc, après avoir débarqué ses ballots, une caisse, trois sacs, sur un rivage qui semble tout à fait sauvage, s’en va je ne sais où. Je suis seul, j’avance dans un sable sec, où je n’aperçois même pas d’ajoncs, mais seulement des