Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/72

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VI


Je suis retourné au Goabren. C’est curieux, l’attraction que cet endroit exerce sur moi. Mais aujourd’hui le temps était radieux, je n’avais point de sombres et tragiques pensées. L’île ne me semblait pas mystérieuse, la mer me paraissait amie. Une grande torpeur envahissait tout. La lande était engourdie, au milieu de l’océan qui dormait, immobile et chaud.

Le fortin m’a paru moins hostile : les rochers qui l’entourent ne sont pas rouges, ils sont roses. Les chèvres m’ont regardé avec indifférence. Je me suis assis sur une pierre