Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/84

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VIII


Quand je reste un jour ou deux complètement seul, sans parler à qui que ce soit, sans voir âme qui vive, j’en arrive à une concentration sur moi-même qui ressemble presque à de l’hébétement. Je fixe longtemps les choses, je deviens sourd à tous les bruits. Je ne m’ennuie pas ; il me semble plutôt que j’approche du non-être, et je conçois l’état du fakir. D’ailleurs, je me suis mis à peindre comme une brute, car précisément je n’ai pas le moindre désir d’écrire, mais j’écrase des couleurs sur ma toile avec un plaisir sauvage. J’ai trouvé un coin superbe : au