Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/83

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tout cela, c’est de l’imagination, et certainement je m’habituerai vite à mon logement. Le soleil éclaire le fossé, de onze heures à trois heures, et j’entends dans l’herbe le chant des grillons.

D’ailleurs tout le fort est à moi. Mon cœur se serre un peu quand j’avance dans ces longues et sombres galeries voûtées où mon pas résonne trop, et où je devine que mon approche fait s’enfuir toutes sortes de bêtes qui sont ici chez elles ; mais si je sors dans la cour, quel éblouissement !… Là enfin je vois le ciel, que je ne puis apercevoir de ma chambre, caché qu’il est par les hauts talus du fossé. Et que je monte sur les remparts, je découvre toute l’île et toute la mer !… Et, par là, c’est le Goabren…

Dans la cour du fort, il y a une pompe qui fonctionne encore très bien. J’ai de l’eau autant que j’en veux.