Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/86

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Ils sont flattés que je trouve Houat si bien, et puis mon installation, à la bonne franquette, comme ça, à la place du maître d’école, tout seul dans le grand fort, cela leur va. Je ne suis pas fier, je ne suis pas un étranger comme les autres. En outre, je pense que Toussaint Leblanc, qui est écouté dans l’île, ne me dessert pas. Je sors de la cantine, j’entre chez la bonne sœur pour renouveler ma provision de tabac : causette. Puis je vais voir Germaine, je caresse sa petite Yvonne, je dis bonjour à Mme Leblanc, et si Yvon n’est pas trop occupé, je l’emmène faire un tour avec moi. Nous nous entendons très bien. C’est un brave petit. J’écoute tant qu’il lui plaît ses histoires de l’Océan Indien et du Pacifique, et moi, je lui parle de Paris qu’il ne connaît pas et dont il est curieux : il est le seul visiteur de mon logis. En buvant tranquillement un bol de cidre il regarde mes toiles, et il me dit des choses pas bêtes.