Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/93

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


J’étais adossé à une roche en face d’elle, et maintenant un grand calme, une sérénité délicieuse descendaient en moi. La mer était paisible. Une petite brise fraîche passait sur nous. J’aurais pu me croire seul au monde avec cette jeune fille adorable et d’une innocence si parfaite qu’elle était avec moi telle que si elle m’eût toujours connu. Je ne pus me retenir de prendre sa main dans la mienne et de la presser. Elle sortit alors de son rêve et m’illumina de son regard, et me sourit suavement ; puis, m’ayant adressé un signe de tête gracieux, elle sauta légèrement sur la pierre où elle m’était apparue, et elle s’évanouit.

J’écoutai un instant son pas s’éloigner. Puis je portai à mes lèvres la main qu’elle avait touchée et je la baisai avec ivresse.