Page:Montfort - Un cœur vierge.djvu/92

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je regardais la bouche candide dont cette voix s’exhalait, le cou fragile, d’une blancheur de lait, les roses des joues, teintes par la marche, la grâce infinie de son attitude, et j’étais comme dans un songe.

Cependant elle se tourna vers moi, leva ses grands yeux vers les miens, eut un petit frémissement de la bouche et demanda :

— Mais pourquoi êtes-vous venu à Houat ?

Je lui répondis aussitôt avec feu :

— Ce matin, j’ignorais encore pourquoi. Et je viens de l’apprendre.

Cette singulière réponse ne sembla pas la surprendre ni la troubler. Mais ses yeux devinrent d’une douceur infinie et elle soupira :

— Je savais que vous étiez à Houat, murmura-t-elle enfin. Mon père avait parlé d’un étranger. Aucun étranger encore n’était venu ici.

Elle se tut et parut se perdre dans ses réflexions. Elle regardait fixement le sable.