Page:Montpetit - Au Service de la Tradition française, 1920.djvu/158

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et la servir en la parlant joliment, comme il sied si bien. Ce devoir n’est pas uniquement celui de l’école, qu’il dépasse ; mais bien celui de la famille, celui de la nation tout entière. Parlons mieux, disons mieux. Que ce soit là comme un commandement entendu, retenu, obéi. Il n’est plus de mode, nous dit-on, de blaguer ceux qui s’expriment sans pose, sans emprunt, mais avec une certaine recherche, virile et juste. Autrefois, on pouvait difficilement citer un vers dans une conversation de salon sans provoquer un sourire, comme si c’eût été une infirmité que d’avoir des lettres et de le faire voir en société. C’est fini. Allons, tant mieux : le monde y gagnera. Ayons souci de l’élégance jusque dans le langage. Et pénétrons-nous bien de cette vérité qu’il est tout aussi important pour notre race de parler bien que de réclamer partout le respect du français. Cela fera vivre ceci.

Il se trouve que, sans y toucher, nous avons défini l’œuvre poursuivie, ici-même, par mademoiselle Idola Saint-Jean qui s’est consacrée à l’enseignement du français et de la diction. Ce recueil qu’elle publie répandra, dans le public autant que chez ses élèves, le goût littéraire et le culte de