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LA TRADITION FRANÇAISE

me » que vous apportiez du couvent. Tous ceux qui sont venus, nombreux et remplis de sympathie, assister à cette première séance de vos cours, sont venus, n’en doutez pas, vous en féliciter.

Ces études vous prépareront mieux à la vie. Elle vous seront une arme et un guide. Plus vous apprendrez, plus vous vous rendrez compte que la science n’est pas tout et que, suivant l’expression de M. Poincaré, « elle est la première à connaître et à confesser l’immensité de ses ignorances ». Vous n’aurez pourtant pas peur des mots, les scrutant jusqu’au fond, jusqu’à l’idée. Vous croirez que la vérité est quelque part ; et si vous ne l’acceptez pas quand elle vous vient des autres, si vous la voulez chercher par vous-mêmes, que cela soit sans préjugés, sans parti pris, je dirai presque — à la condition de bien entendre ce mot — sans volonté. Ne soyez jamais des convaincus qui croient chercher à se convaincre. Appliquez toujours à la vérité cette règle élémentaire de droit : avant de la juger laissez-la se faire entendre, et si vous pouvez « arracher à l’erreur une part de vérité », ce sera autant de pris sur elle !

Pour y arriver, mesdemoiselles, vous étudierez beaucoup de choses ; laissez-moi pourtant, l’espace d’un moment, jeter un coup d’œil intéressé du côté d’une toute petite section de votre beau programme : les sciences sociales.