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MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE

de liquidation mondaine. Mêlés quelques heures à la vie niçoise, nous flânons le long de la fameuse Promenade des Anglais ; et nous retrouvons dans les montres et les étalages, des reflets de Paris. De Cimiez où nous nous rendons, la ville descend par gradins vers la Méditerranée, parmi les cyprès, les pins et les chênes verts.

Le lendemain, nous franchisons la frontière italienne, en route vers Gênes où, avec les Belges et les Suisses, nous nous installons dans le décor sympathique du Miramare.

* * *

Célèbre dans le monde des touristes par son Campo Santo, Gênes est une ville puissante et curieuse qui évoque un passé de luttes, de comptoirs et d’abordages. Ses tourments, qui furent vifs, se sont apaisés dans la poursuite du progrès économique. C’est peut-être une raison pour qu’on y accueille aujourd’hui l’espoir d’un monde nouveau.

La ville s’appuie contre les Apennins et s’ouvre en amphithéâtre sur la mer. Plusieurs époques s’y superposent : celle du moyen âge, aux venelles étroites, pavées de pierres qui meurtrissent les pieds, envahies par les rangs pressés des passants et où il n’y a qu’à suivre le flot, tellement dense qu’un ânon se fraye difficilement un chemin vers le marché : celle du XVIe siècle et du XVIIe siècle siècle, avec ses riches édifices chargés de stuc, aux intérieurs magnifiques et lourds : la ville moderne, semblable à d’autres, mais vivante de couleurs sous le soleil du midi et prolongée de splendides promenades vers Portofino, Nervi, Rapallo, Santa Margherita, qui sont des endroits de rêve. Tout est