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SOUVENIRS

Canada. Bons travailleurs, ils participent non sans succès à la vie économique de notre pays, rêvent de revoir quelque jour leur patrie, ne fût-ce que pour un temps, et gardent à leur souverain un souvenir fidèle qui se manifeste par des images naïves suspendues aux murs des boutiques où l’Italien, citoyen d’un nouveau monde, exerce en paix son métier. Ces propos me paraissent effleurer, à cause de leur écho lointain, l’intérêt du Roi.

* * *

Les réceptions, complément coutumier des conférences, ne tarderont pas à affluer. Les délégations se reçoivent les unes les autres : ce sont les grandes réunions protocolaires.

Mais certains dîners ont un caractère plus intime. Ainsi, M. Facta réunit à sa table les Dominions et l’Autriche ; et c’est une soirée très agréable.

La villa où loge M. Barthou n’est qu’à dix minutes de notre hôtel. Nous y sommes priés à dîner. Il est huit heures, et le Président n’est pas rentré. Il arrive, avec mille excuses : il sort d’une réunion qui s’est prolongée, et il nous demande la permission de se mettre à table en veston ; mais à la condition que nous reviendrons. Tous les délégués français revêtiront alors le smoking, ne fût-ce que pour nous prouver qu’ils en ont un et qu’ils sont, eux aussi, hommes du monde !

Il nous présente M. Camille Barrère, ambassadeur à Rome depuis 1898 : belle tête blanche, gentilhomme très spirituel et très simple, qu’accompagne le premier secrétaire de son Ambassade : puis M. Colrat, sous-secrétaire d’État dans le cabinet de M. Poincaré dont il est l’ami personnel,