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SOUVENIRS

dienne de naissance, mariée à un aviateur italien. Nous avions fait la connaissance des Falchi à Gênes où ils étaient venus saluer sir Charles Gordon qui était de leurs amis canadiens.

Nous devons à ce couple charmant un séjour inoubliable dans la Ville éternelle. Ils nous promènent en voiture, à travers l’âpre campagne romaine, jusqu’à Frascati ; nous mènent au théâtre ; nous reçoivent à dîner dans leur bel intérieur italien où Madame Falchi, en meublant sa chambre à la canadienne, a voulu se ménager un coin qui évoque l’atmosphère natale. Elle a réuni pour nous quelques amis romains. La conversation roule sur la Conférence et ses chances de succès, sur l’Italie et sur mes impressions de Rome et de ses beautés. Je risque quelques mots italiens, et chacun s’accorde à me découvrir l’accent génois !

M. Lajoie m’avertit que le Saint-Père m’accorde l’audience qu’il avait sollicitée pour moi, par l’entremise de Mgr Fontana.

Je n’ai guère cette fois le loisir de me livrer aux songeries des antichambres. N’ai-je pas le titre de plénipotentiaire ? À peine ai-je le temps de me souvenir du geste bénissant de Benoît XV et de regretter son sourire, que c’est celui de Pie XI qui m’accueille et sa main qui me bénit. Le Pape m’écoute avec bonté. Je crains cette responsabilité qui m’échoit de collaborer à des ententes avec les Soviets. Sa Sainteté me rassure et me donne quelques conseils.

Je vais remercier M. Lajoie et lui demander un nouveau service : faire autographier le portrait du pape que je lui remets. Je devais le recevoir à Montréal, avec ce commentaire de Pie XI : « Io firmo sopra la testa, perque il corpo non e mio ». En effet, le photographe attitré du Vatican,