Page:Montreuil - La vengeance d’une morte.djvu/48

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
48
contes et nouvelles

révéla que c’était un brave cultivateur qui se rendait chez un parent malade et qui avait pris un chemin de raccourci qui traversait le bois. On soupçonna l’un de ses voisins avec qui il s’était querellé quelques jours auparavant, et qui faute de preuves, fut relâché. »

À cet endroit du récit, Lucia, qui avait écouté avec émotion, posa la main sur son cœur et murmura « Mon père, mon pauvre père. »

— « Quoi, dit Pierre avec épouvante, cet homme assassiné, dans le bois de Saint-Caprice, c’était votre père ? »

— « Non, soupira la jeune fille, mais c’est lui qu’on accusa et qui porta toute sa vie l’accablante torture d’être soupçonné. Il en est mort. Et moi, sa fille, pour échapper à l’héritage de cette honte imméritée, j’ai dû abandonner son nom. » Elle se redressa, le front rayonnant : « C’est le Ciel qui vous a guidé vers moi, dit-elle, vous m’aiderez à réhabiliter