Page:Moréri - Grand dictionnaire historique - 1759 - vol. 10.djvu/216

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traités de différens auteurs touchant les femmes illustres : De memorabilibus & claris mulieribus, aliquot diversorum scriptorum opera. Ce recueil, qui est rare, fut imprimé à Paris chez Simon Collines en 1521, in-fol. Tixier l’a dédié à Jeanne de Vignacourt, femme de Charles Guillard, président au parlement de Paris. Il contient l’éloge de Jeanne de France par Tixier lui-même, & un autre traité du même auteur sur plusieurs femmes illustres. Voyez l’énumération des autres traités de ce recueil, dans les Mémoires de littérature de M. Sallengre. * Ravisü Textoris epistolæ, sur-tout les lettres 3, 37,45, 50, 52, 53, 62, 105, 137, 139, 140, 142. Launoii Hist. colleg. Navarr. Coquille, Hist. du Nivernois, page 341. Du Verdier, Biblioth. franç. article d’Antoine Tyron. Jugemens des sav. de M. Baillet, tome second, in-4º . Anti-Baillet, in-4º, p. 66. Mém. de littérat. de Sallengre, tome premier, article xvi.

TL


TLASCALA, ville & province de la nouvelle Espagne, dans l’Amérique septentrionale, est nommée ordinairement los Angelos. Cette ville a été autrefois capitale d’une république d’Américains ; mais elle est fort diminuée depuis qu’elle a été sous la domination des Espagnols.

TLEPOLEME, Tlepolemus, fils d’Hercule, & d’Astyoche, enlevée par Hercule à Ephire, ville du Péloponnèse, ayant tué Licymnius son oncle, fils de Mars, abandonna son pays ; & ayant équipé un nombre de vaisseaux, il se retira dans l’isle de Rhodes, où il se rendit maître de trois villes, dont il se fit reconnoître pour le roi. Pendant la guerre de Troye il vint au secours des Grecs avec neuf navires, où il fut tué par Sarpédon roi de Lycie. * Homére, l. 2. de l’iliade.

TM


TMOLE, Tmolus, aujourd’hui Tomalitzé, montagne de Phrygie, sur les frontieres de Lydie, est célébre par le saffran & le vin qu’on y recueille. Le fleuve Pactole en sort. * Strabon. Pline. Solin, Leunclavius, &c.

TMOLUDE, roi des Lydiens, de la famille de Atyades, fut mari d’Omphale, à laquelle il laissa le royaume en mourant. Elle épousa Hercule, dont elle eut un fils nommé Lamon par Diodore, & Agalaüs par Apollodore, duquel descendit la famille des Mermnades. * Diodor. SicuL l. 6. Apollodor. l. 2.

TO


TOAM, en latin Tuama, ville d’Irlande dans la Connacie, a été autrefois très-considérable, & ne l’est aujourd’hui que par son titre d’archevêché.

TOB, ou comme lisent quelques-uns, Istob, province, à ce qu’on croit, de Mésopotamie. Son roi envoya un secours de douze mille hommes à Hanon roi des Ammonites, contre David roi d’Israël, lorsqu’il entreprit de se venger de l’outrage que ce dernier avoit fait à ses ambassadeurs. Ce secours & toute l’armée de Hamon furent entierement taillés en piéces par Joab, chef de l’armée de David. * II. Rois, X, 6.

TOB, pays de Palestine dans la tribu de Gad, de-là le Jourdain. Jephté, juge d’Israël, s’y retira, lorsque ses freres l’eurent chassé de leur maison, & avant qu’il fût élu juge de son peuple. * Juges, XI, 3, 5.

TOBIE, Tobias, fils de Tobie I, de la tribu de Nephrali, fut très-sage dès son enfance, & eut un fils, qu’il éleva avec soin, & dans la crainte de Dieu. Ce fut Tobie le jeune. Tobie le pere fut emmené captif à Ninive par Salmanazar roi d’Assyrie, l’an du monde 3314. & 721 avant J.C. Sa captivité ne lui fit point abandonner la voie de Dieu ; & lorsque le roi lui eut permis d’aller par-tout où il voudroit dans son royaume, il se servit de cette liberté, pour consoler & soulager ses freres. Sennachérib, successeur de Salmanazar, haïssoit les Juifs, & voulut faire mourir Tobie, qui enterroit les morts contre sa défense. Tobie évita ce danger, & fut éprouvé de Dieu par la perte de la vue, par la pauvreté, & par les reproches de ses parens & de sa femme, qui se moquoient des œuvres de charité qu’il avoit exercées envers les vivans & les morts, comme lui ayant été inutiles. Dans une extrême vieillesse, il envoya son fils à Ragès, pour se faire payer d’une somme d’argent que lui devoit Gabélus. L’ange Raphaël fut conducteur du jeune Tobie ; il lui donna un reméde pour guérir la cécité de son pere ; il lui fit chasser le démon qui avoit étranglé les maris de Sara, que Tobie épousa ; il le ramena chez son pere, l’an du monde 3330, & 705 avant J.C. Le vieux Tobie mourut en paix âgé de 102 ans, 46 ans après être devenu aveugle, l’an du monde 3372, & 663 avant J.C. On croit communément que Tobie le pere & le fils ont écrit eux-mêmes leur histoire ; & cette opinion est fondée sur ce que dit l’ange aux Tobies, c. 12, v. 20 : Narrate omnia mirabilia ejus, où l’interprête Grec a mis, scribite, écrivez. On remarque aussi que dans les éditions grecques & hébraïques, les Tobies y parlent en premiere personne. Il est constant que ce livre a été écrit d’abord en chaldaïque ; que S. Jérôme l’a traduit en latin ; & qu’on a depuis mis cette histoire en hébreu. L’église catholique a mis le livre de Tobie au nombre des canoniques. * Sixte de Sienne, in bibliotheca. Bellarmin, de verbo Dei & de scriptor. eccles. Possevin, in appar. Torniel & Salian. in annal. veter. testament. Melchior Canus. Salméron. Serrarius, &. Du Pin, bihlioth. des aut. ecclésiat.

TOBIE, beau-frere d’Onias II, souverain sacrificateur, & pere de cet Hircan, qui avoit mis en dépôt dans le trésor du temple de Jérusalem, une somme considérable d’argent, pour y être plus en sureté, & qu’Héliodore eut la témérité de vouloir enlever. * II. Machab. III, ii. Tirin, chronol. sacr. ch. 41.

TOBOLSK ou TOBOL, ville de l’empire Russien, capitale de la Sibérie, & en particulier du gouvernement de Tobolsk auquel elle donne son nom. Cette ville, qui a un archevêché, est située sur une montagne, à l’embouchure du Tobol dans l’Irtitz, qui se décharge dans l’Oby environ cinquante lieues plus bas. Elle se nommoit Sibir, lorsque les Tartares mahométans, qui y avoient un Khan, la possdoient, & ils lui avoient donné ce nom, parceque c’étoit l’état le plus au nord, qui fût sous leur domination. Les Russiens ont considérablement augmenté cette ville. Elle est grande, peuplée & riche. Elle étend son commerce jusqu’à la Chine & aux Indes, où elle envoie des caravanes. L’archevêque de Tobolsk a fait, il y a quelques années, des millions chez les Ostiackes. Il leur a fait bruler leurs idoles, & en a baptisé un grand nombre. * Nicolle de la Croix, géographie moderne, derniere édition, tome II, p. 251.

TOCAR (Mélique) favori d’Idalcan, roi de Visapour, & commandant de Dabul, gouverna toujours ce prince à son gré, & l’anima sans cesse contre les Portugais, avec lesquels Idalcan fut en effet presque toujours en guerre. Dom Diegue de Menesés ayant été envoyé aux Indes en qualité de viceroi vers l’an 1576, & ayant voulu dans son gouvernement disposer toutes choses à la fantaisie, Tocar résolut d’arrêter les effets de ses prétentions, en tendant un piége à ceux qu’il envoyoit chargés de ses ordres. En effet, dom Jérôme Mascaregnas, dom Diegue & dom Antoine Sylveira, freres, & François Pessoa, étant entrés dans la riviere de Dabul, Tocar les pria de se trouver à un festin, dans le dessein de les faire tous massacrer. Ils s’y rendi-