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VI

DE NAHUEL-HUAPI À LA VALLÉE 16 DE OCTUBRE


Mardi 10 avril, nous avançons plus au sud. Le lac à l’orient est entouré de moraines dominées par le noir promontoire volcanique de Tequel-Malal, dans les cavernes duquel j’ai découvert, dans mon voyage antérieur, comme je l’ai dit plus haut, un curieux cimetière indigène ; après avoir passé ces moraines et le large lit pierreux de l’arroyo torrentueux Ñirehuau qui se jette dans le lac, nous pénétrons dans la belle plaine verte qui s’étend au sud-est jusqu’aux hautes collines morainiques de la première extension glaciaire. Il est évident que dans la Cordillère des Andes, il s’agit de deux périodes glaciaires, et rien ne le prouve mieux que les dépressions occupées aujourd’hui par les lacs. Ceux-ci sont entourés de moraines relativement basses ; ils sont suivis d’une vaste plaine, comme si ce fussent les moraines frontales et latérales du glacier, plaine qui part du lac aujourd’hui desséché. Puis une autre rangée de hautes collines, qui sont les moraines plus importantes de la première époque, dénote une plus grande durée du glacier. Cet intervalle plat, entre les deux lignes de moraines, est généralement cultivable dans tous les bas-fonds lacustres que j’ai vus jusqu’ici, et il y court souvent de grosses rivières qui ne débouchent pas toujours dans les lacs actuels.

La partie sud-est de la vallée du lac Nahuel-Huapi (820 m.) a de riches prairies et des ruisseaux bordés de bosquets qui