Page:Moreno - Reconnaissance de la région andine, 1897.djvu/78

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 76 —

fournissent un abri aux bestiaux, durant l’hiver, et de l’ombre dans les jours de chaleur comme celui-ci. Les transitions de température dans les zones voisines des montagnes, dont le régime météorologique varie considérablement suivant leur orientation et leur altitude, en raison de leur proximité de la zone humide de l’ouest, sont très violentes dans les plaines ouvertes, mais les vallées abritées entre les versants du haut plateau ondulé doivent jouir d’un climat tempéré durant toute l’année. On gagne le sud par des versants escarpés recouverts de blocs erratiques et de gravier glaciaire, fournissant d’excellents pâturages. Au nord, la vallée est dominée par des pics volcaniques, et on distingue un chaînon qui va du nord au sud-est, coupé par la haute vallée antérieure à l’actuelle. Le haut plateau ondulé, que limite au sud et au sud-est la vallée basse, est formé par le plus élevé des quatre degrés qui sont probablement des vestiges des lignes de niveau successivement abandonnées par l’ancien lac, dans son mouvement de retrait. Ces coteaux (1170 m.) sont de roches sédimentaires, composées de grès gris et jaunâtres, d’argiles plombées et de conglomérats, le tout recouvert par le détritus glaciaire qui ressemble en partie à la terre de la pampa, mais avec de petites couches de cailloux roulés.

Peu après, nous traversons Pichileufu ou Curruleufu ou Pia ou Rio de los Hechiceros (1080 m.), autant de noms qu’a l’affluent le plus austral du Rio Limay, dans lequel il se jette presqu’en face de Collon-Cura.

Les couches sédimentaires sont horizontales, et, au sud du fleuve, elles commencent à être recouvertes de laves noirâtres et qui proviennent des volcans de l’orient qui constituent le chainon cité. Après avoir traversé l’Arroyo de las Bayas, affluent du Curruleufu (1120 m.), laissant au couchant le sommet de ce nom (1400 m.), formé par une expansion volcanique, nous descendons par une gorge herbeuse et nous campons à la nuit, à Chenqueg-gueyu, au pied du ravin sédimentaire tertiaire (1150 m.). J’incline à croire que là existait autrefois un lac tertiaire ; les cailloux roulés de son conglomérat sont petits comme des noix. Les moraines recouvrent les flancs, et, parmi les détritus noirâtres de la belle végétation passée, apparaissent des blocs blanchâtres de granit erratique.

Les collines que nous traversons entre Las Bayas et Chenqueg-geyu forment la ligne de division entre les eaux qui alimentent le Rio Negro et celles qui se dirigent au Rio Chubut, se dirigeant de là les unes au nord, les autres au sud au