Page:Moressée - Un mariage à Mondorf, 1887.djvu/58

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tôt se mit à examiner Marcelle, à l’interroger, à se rendre compte de l’état do la maladie dont elle était atteinte.

Au fur et à mesure du progrès do son examen et tandis qu’on voyait sa conviction se former, il répétait à demi-voix, paraissant oublier qu’il y avait là des témoins intéressés à l’entendre :

— C’est singulier !… Étrange coïncidence !…

Et l’examen continuait, et l’interrogatoire s’achevait, ramenant dans sa bouche les mêmes observations étonnées. Si bien que M. Dubreuil, n’y pouvant tenir davantage, demanda de quelle coïncidence il s’agissait…

— Oh ! rien, dit le docteur, subitement revenu à lui… Un malade que j’ai examiné hier à cotte même heure, et qui est atteint d’une affection absolument identique à celle dont souffre cette charmante petite. Rien de grave, au surplus, dans le cas qui nous occupe.

Votre enfant, Monsieur, a été excellemment soignée, le mal déjà est enrayé, et il suffira, pour le faire à jamais disparaître, d’une saison passée ici.

— J’ai trop d’estime pour votre talent, M. le docteur, pour ne pas m’en remettre entièrement à votre pronostic. Puisse un prochain avenir le justifier pleinement !…

Et alors le docteur indiqua le régime à suivre, l’heure des consultations, celle des médications. Puis quand il se retrouva seul, il tourna le feuillet d’un registre où il annotait le diagnostic des maladies qu’il avait reconnues, et y retrouva, parmi ceux inscrits la veille, celui auquel il avait tout à l’heure fait allusion.

— En vérité, se dit-il, en relisant ces quelques