Page:Mourguet - Théatre lyonnais de Guignol, tome 1.djvu/9

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introduction.

& des mœurs d’un passé qu’on ne voit pas s’effacer sans regret, cet enfant de la Muse réunit toutes les sympathies du public, & il n’y a jamais de bonne pièce quand il n’y parait pas. Il passe par tous les états, par toutes les conditions de la vie ; il se trouve mêlé aux actions les plus diverses. Les merveilles de la mythologie & de la féerie, les faits héroïques de l’histoire des peuples anciens & modernes, les compositions romanesques & les scènes vulgaires de la vie commune l’admettent également. Il se joue des anachronismes, conserve imperturbablement son individualité au travers de toutes les couleurs locales, & résume en lui seul ce mélange de réalisme & de fantaisie qui fait un des charmes de ce spectacle. C’est le représentant de l’humanité, en ce qu’elle a d’absolu, dans les diversités de temps & de lieux. C’est l’homme comme on le voit, ou comme on croit l’avoir vu, ou comme on voudrait le voir.

Chaque peuple a varié ce type suivant ses goûts, & lui a donné un nom. En Italie, Naples a fort popularisé son Pulcinella ; mais chaque ville y a aussi son personnage d’affection plus connu encore & plus fêté que le Napolitain. L’Angleterre a Punch, la Hollande Jan Klaassen, l’Autriche Casperle. Polichinelle, importé d’Italie à Paris par les Brioché, a longtemps régné en France ; il est aujourd’hui détrôné par Guignol. Presque tous les théâtres de marionnettes s’appellent maintenant en France des théâtres de Guignol. Ce nom